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Des caméras et la recherche de capteurs d’impact pour protéger les aigles des éoliennes


Un pygargue à tête blanche disparaît avec sa proie. Courtoisie Roy Lowe via Oregon State University.

27 juillet 2017 – De nouvelles recherches de l’Université d’état de l’Oregon (OSU) visent à rendre les aigles moins susceptibles de se heurter aux pales des éoliennes.

Selon l’OSU, les tours d’éoliennes peuvent s’élever jusqu’à 300 pieds (91 m) et sont généralement équipées de trois pales, avec une envergure deux fois plus grande qu’un Boeing 747. À leurs pointes, les pales se déplacent à près de 320 km/h. Elles sont un danger pour les créatures volantes, y compris les pygargues à tête blanche et les aigles royaux.

Le Wind Technology Office du Département de l’énergie des États-Unis (DoE) a attribué à Roberto Albertani, du Collège d’ingénierie de l’OSU, une subvention de 27 mois et 625 000 $ pour développer la technologie pour détecter et dissuader l’approche des aigles et pour déterminer s’il y a eu impact (d’un aigle ou d’autres espèces) avec une des pales.

L’équipe de M. Albertani travaillera sur un système en trois parties pour protéger les aigles. «Nous sommes la seule équipe au monde à faire ce genre de travail», a déclaré M. Albertani, professeur agrégé d’ingénierie mécanique.

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Le système comportera une caméra montée sur tour, connectée par ordinateur, capable de déterminer si un oiseau qui s’approche est un aigle et s’il vole vers les lames. Lorsque c’est le cas, l’ordinateur déclenche un effet dissuasif au niveau du sol : des figures colorées d’apparence humaine en mouvement aléatoire, qui tirent profit de l’aversion apparente des aigles envers les êtres humains.

«Il n’y a pas de recherche disponible en ce sens, mais, espérons-le, [ces figures] dissuaderont les aigles de se rapprocher des turbines», a déclaré Albertani. «Nous voulons que le dissuasif soit simple et abordable.»

À la racine de chaque pale de turbine sera un capteur de vibration capable de détecter le type d’impact produit par un oiseau qui heurte une pale. Chaque fois qu’un choc est détecté, les données vidéo enregistrées d’une micro-caméra montée sur la pale peuvent être examinées pour déterminer si l’impact a été causé par un aigle ou autre chose.

«Si nous frappions un oiseau commun, ce serait triste, mais ce ne serait pas aussi sérieux que de frapper un aigle royal protégé, qui entraîne l’arrêt d’un parc éolien pour une période de temps, une amende pour le propriétaire, de grandes pertes en revenus et, plus grièvement, la perte d’un membre d’une espèce protégée» , a affirmé M. Albertani.

L’équipe de M. Albertani comprend Sinisa Todorovic, professeure agrégée d’informatique, et Matthew Johnston, professeur adjoint d’ingénierie électrique et informatique.

En cas de succès, souligne M. Albertani, le système qu’ils développent sera une «percée majeure dans une expansion plus sûre pour la faune» de l’énergie éolienne dans le monde entier.

Les essais primaires sur le terrain auront lieu au Centre nord-américain de recherche et de formation au vent à Tucumcari, au Nouveau-Mexique, et au Centre national de technologie du vent NREL à Boulder, au Colorado. Le travail sur le terrain se fera également en Oregon et en Californie.

PHOTO : Un pygargue à tête blanche disparaît avec sa proie. Courtoisie Roy Lowe via Oregon State University.