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La CSST a dénombré 19 décès par électrocution entre 2009 et 2013


septembre 28, 2015
Par Eric Cloutier


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C’est en effectuant des travaux de raccordement d’une unité de climatisation sur cette maison que Jason Paradis Le nombre d’accidents d’origine électrique recensés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) au Québec a atteint le nombre faramineux de 985 entre 2008 et 2012

Le nombre d’accidents d’origine électrique recensés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) au Québec a atteint le nombre faramineux de 985 entre 2008 et 2012, tandis que 19 décès de travailleurs par électrocution ont été dénombrés entre 2009 et 2013.

 

Dans le cadre d’un dossier spécial sur la sécurité électrique, L’industrie électrique a choisi de mettre en lumière un de ces cas de décès par contact avec le courant électrique survenu en 2014.

Selon la CSST, tous les employeurs ont l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail, les équipements, les méthodes et les techniques pour accomplir celui-ci s’avèrent sécuritaires et que les travailleurs ont reçu la formation et l’information nécessaires pour effectuer leurs tâches.«Pour ce faire, il est essentiel de bien identifier les dangers, d’en informer les travailleurs et de mettre en place des moyens pour les éliminer», rappelle-t-elle dans un communiqué émis le 9 février dernier.

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Ce jour-là à Lévis, la CSST a rendu publiques les conclusions d’une enquête qu’elle a menée à la suite du décès de Jason Paradis, un jeune travailleur au service de l’entreprise Climchauffe de Thetford Mines, qui a péri électrocuté lors de travaux de raccordement d’une unité de climatisation le 11 juin 2014.

La CSST identifie également plusieurs raisons expliquant ce drame.

«Parmi les causes à l’origine de l’accident, la CSST conclut que les connaissances insuffisantes du travailleur quant à l’électricité et aux dangers qui y sont associés l’ont amené à faire un mauvais branchement et à le vérifier alors que l’unité de climatisation était sous tension», lit-on dans le communiqué du 9 février 2015.

«Le jour de l’accident, M. Paradis place une unité extérieure de climatisation sur un support installé sur la toiture d’une maison. Après avoir finalisé l’installation de l’unité, il procède aux branchements électriques alors qu’elle est sous tension. Puis, il tente de la démarrer à l’aide d’une télécommande, mais sans succès. Un collègue entend crier M. Paradis, qui lui dit avoir reçu une décharge électrique en touchant la mise à la terre de l’unité. Peu de temps après, ce même collègue interpelle M. Paradis, mais celui-ci ne répond plus. Les services d’urgence sont appelés sur place et conduisent le travailleur au centre hospitalier, où son décès est constaté», explique la Commission.

La CSST a pu identifier trois causes pour expliquer l’accident lors de la production de son rapport d’enquête.

«Premièrement, le branchement incorrect de l’unité extérieure de climatisation a mis sous tension son boîtier, ce qui a provoqué l’électrocution du travailleur. Deuxièmement, les connaissances insuffisantes du travailleur relatives à l’électricité et aux dangers qui y sont associés l’ont amené à faire un mauvais branchement et à le vérifier alors que l’unité extérieure de climatisation était sous tension. Troisièmement, la planification des travaux de raccordement de l’unité extérieure de climatisation était déficiente», résume-t-elle. 

La CSST a exigé de l’employeur Climchauffe et du propriétaire de la résidence, à la suite de l’accident, que les travaux de raccordement électrique de l’unité de climatisation soient réalisés par une personne qualifiée.

«Les accidents dont les jeunes travailleurs sont victimes sont principalement dus au manque de formation et de supervision. Il est essentiel pour les employeurs de bien les encadrer, les former et les superviser», écrit la CSST, en insistant sur le fait qu’à chaque jour au Québec, 235 personnes se blessent en travaillant, et que ces accidents ont des répercussions négatives sur les conjoints, enfants, parents, amis, collègues et patrons de ces travailleurs.

«Les accidents du travail et les maladies professionnelles peuvent être évités par une gestion permanente de la santé et de la sécurité», renchérit la Commission.  

«L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe et participer à l’identification des dangers, à leur élimination et à leur contrôle», conclut-elle. 

www.csst.qc.ca, jeunesautravail.com