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Le corridor d’énergie propre d’Hydro-Québec vers la Nouvelle-Angleterre ciblé par les Premières Nations


septembre 1, 2020
Par Lucie Côté
Photo provenant du site Internet de NECEC

La Première Nation Innu de Pessamit et la Première Nation Atikamekw de Wemotaci (toutes deux du Québec) se sont associées « pour mettre fin à l’emprise du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec sur leurs territoires traditionnels ». À cet effet, une demande d’obtention d’une compensation pour les installations de production, les réservoirs et les lignes de transmission d’Hydro-Québec établis « sans leur consentement » a été déposée. Sans l’obtention de celle-ci, les deux communautés menacent de faire dérailler le projet New England Clean Energy Connect (NECEC) du service public.

« Nous sommes surpris par ce communiqué de presse [de la Première Nation innue de Pessamit] », déclare M. Gary Sutherland, porte-parole d’Hydro-Québec. « Il y a quatre semaines, nous avons eu des échanges récents avec les deux communautés, y compris entre notre PDG [Sophie Brochu] et la communauté. Depuis, nous sommes entrés en contact cinq fois, mais nous n’avons reçu aucun retour d’appel. » M. Sutherland a expliqué que lorsqu’Hydro-Québec a construit ses installations dans les années 50 et 60 sur ce terrain, qui est maintenant contesté par ces groupes autochtones, elle avait obtenu tous les permis nécessaires pour entreprendre la construction et l’exploitation de ces installations.

Il est important de préciser que le projet NECEC fournira jusqu’à 1200 MW d’hydroélectricité du Québec directement à Lewiston, dans le Maine, déplaçant ainsi quelque 3 millions de tonnes métriques d’émissions de CO2 de la région.

« Discuter de cette question avec les États-Unis, où nous essayons de fournir plus d’énergie propre dans une région qui utilise de grands volumes de combustibles fossiles, est très préjudiciable aux efforts de la Nouvelle-Angleterre et de New York qui veulent décarboniser leurs économies. Aujourd’hui, nos projets là-bas comptent parmi les plus grandes initiatives d’énergie propre en cours », a ajouté M. Sutherland.

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La Première Nation Pessamit soutient que si les développements hydroélectriques ont profité aux citoyens du Québec, « ces développements hydroélectriques successifs et massifs […] ne se sont jamais traduits par une meilleure qualité de vie pour les membres des communautés les plus directement et négativement touchées ».

Sutherland n’est pas tout à fait d’accord avec cette affirmation. « Au cours des quatre dernières décennies, Hydro-Québec a signé plus de 40 ententes qui tiennent compte de leurs valeurs, de leurs droits et des leurs intérêts juridiques, en plus de leurs préoccupations culturelles et environnementales. Ces accords permettent aux communautés de participer activement aux projets d’Hydro-Québec et de bénéficier des retombées économiques qui en découlent », a-t-il déclaré.

«Nous avons l’intention de faire ce qu’il faut pour affecter les revenus que le gouvernement et Hydro-Québec s’attendent à générer avec leur projet [NECEC] […]», ont déclaré les chefs M. René Simon de Pessamit et M. François Néashit de Wemotaci.

« […] Et si le gouvernement fait la sourde oreille, Pessamit et Wemotaci feront tout leur possible pour faire dérailler le projet et assurer un« non »retentissant au NECEC», conclut le communiqué de presse des deux chefs de communautés.

Par contre, M. Sutherland reste plus optimiste en notant qu’il y aura une élection à venir dans la communauté de Pessamit le mois prochain. « Nous serons heureux de poursuivre nos discussions avec la personne qui sera élue […] », a-t-il déclaré.


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