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Le futur Centre Vidéotron bientôt certifié LEED Argent?


septembre 28, 2015
Par Eric Cloutier
Jean Rochette Une conférence sur le futur amphithéâtre multifonctionnel de Québec (AMQ) présentée en ouverture du 29e Congrès de l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie (AQME)

Une conférence sur le futur amphithéâtre multifonctionnel de Québec (AMQ) présentée en ouverture du 29e Congrès de l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie (AQME), tenu les 6 et 7 mai à l’hôtel Plaza Québec, par le directeur de ce projet à la Ville de Québec, l’ingénieur Jean Rochette, a suscité un vif intérêt chez les quelque 300 participants présents à cet événement qui réunissait également 55 conférenciers et 40 exposants.

 

Maintenant connu sous le vocable Centre Vidéotron et toujours en cours de réalisation, l’immeuble – dont les coûts de construction finaux ne dépasseront pas ceux de 400 millions $ initialement budgétisés et que 20 participants inscrits au congrès ont eu la chance de visiter le 7 mai – vise l’obtention d’une certification LEED Argent, en raison d’économies énergétiques projetées de l’ordre de 49 % comparativement à la consommation d’énergie réelle du bâtiment de référence qu’est le Consol Energy Center de Pittsburgh, l’aréna où évolue l’équipe des Pingouins de la Ligue nationale de hockey (LNH) depuis 2010.

«Nous avons projeté des économies de consommation d’énergie de 49 %, ce qui devrait normalement nous ramener une facture d’énergie 37 % inférieure à celle du bâtiment de référence», a fait savoir Jean Rochette.

À lui seul par exemple, le système d’éclairage du nouvel amphithéâtre, qui sera entièrement alimenté par la technologie DEL (y compris la patinoire), laisse entrevoir une économie de consommation énergétique de 56 % par rapport à la consommation énergétique réelle du Consol Energy Center, selon ce qu’on peut lire dans une simulation de la consommation d’énergie anticipée pour le Centre Vidéotron, effectuée en octobre 2013 et illustrée dans le document de présentation préparé par M. Rochette.

Les travaux de construction de l’AMQ s’avéraient terminés à 92 % en date du 30 avril dernier selon Jean Rochette. Le Centre Vidéotron, qui aura pignon sur le terrain d’ExpoCité, où se trouvait jadis l’Hippodrome de Québec et dont la construction a débuté le 10 septembre 2012, sera livré à l’exploitant de l’édifice, Québecor, d’ici le 15 juillet prochain. Son inauguration est prévue entre le 11 et le 15 septembre. L’édifice d’une superficie de 67 500 mètres carrés (m2) totalisera 18 482 places assises et 20 396 places en formule concert, ce qui fera de lui le second plus grand aréna du Québec. Doté de 81 loges corporatives, il sera conçu pour présenter des spectacles ou autres événements, dont des matchs de hockey comme ceux des Remparts de Québec, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et même des matchs du calibre de ceux présentés dans la LNH dans l’éventualité du retour d’une équipe de ce circuit professionnel dans la Vieille Capitale. De plus, un vestiaire de 2000 m2 a été prévu pour une équipe locale, tandis que celui du club visiteur totalisera 350 m2 de superficie.

«L’édifice comportera deux coursives : une coursive principale de 7600 sièges et une coursive supérieure de 7100 sièges. Les gradins rétractables, lors de la présentation de spectacles, compteront 2250 places, tandis que dans les salons corporatifs, on comptera 874 sièges. Le niveau supérieur des salons corporatifs, lui, totalisera 180 sièges. De plus, l’ajout de 2000 places assises au parterre a été prévu lors de la présentation de spectacles», a indiqué M. Rochette en début de présentation.

L’AMQ comptera également un débarcadère pouvant accueillir six camions de 53 pieds à l’intérieur de son enceinte et 16 autres à l’extérieur. Il totalisera également 150 concessions, 428 toilettes, 638 téléviseurs pour permettre l’affichage d’annonces publicitaires et 1000 haut-parleurs exclusivement pour annoncer les buts comptés lors de parties de hockey ou pour indiquer les accès de sorties aux spectateurs lors du déclenchement d’une alarme incendie.

«On dispose également d’équipements sans fil et d’autres équipements à la fine pointe de la technologie installés dans l’amphithéâtre», a ajouté M. Rochette.

Sa conférence a, entre autres, fait état de la mise en place de différents systèmes et d’innovations en matière d’équipements électriques, d’éclairage, de chauffage, de ventilation et de déshumidification.

Au chapitre des équipements d’électricité, le Centre Vidéotron comprend une entrée électrique de 25 kilovolts (kV), six transformateurs également de 25 kV (quatre de 2000 V et deux autres de 2500 V).

«Un groupe électrogène de 2000 kilowatts (kW) a été installé de façon permanente. Cependant, on a aussi conçu les équipements de distribution du courant électrique de façon à pouvoir accueillir un camion avec une remorque équipée d’un autre groupe électrogène de 2000 kW, ce qui s’avère souvent requis lors de la présentation de spectacles d’envergure. En fait, si jamais il y avait une panne de courant électrique, par exemple, on pourrait pratiquement alimenter un spectacle d’envergure avec ces deux groupes électrogènes. Ça nous donne 4000 kW de courant. On estime qu’en période de pointe, la demande électrique pour un match de hockey ou un grand spectacle sera de 6 mégawatts (MW)», a expliqué M. Choquette.

En termes de chauffage, le Centre Vidéotron sera doté de 12 chaudières de 844 kW pour un chauffage à haut rendement énergétique de 93,5 % AHRI (Air-Conditioning, Heating and Refrigeration Institute) au gaz, et cela pour une capacité totale de 10 MW, en vertu des normes de mesure et de certification du rendement de produits établies par l’AHRI.

«L’AMQ disposera aussi de deux chauffe-eau de 293 kW (99 % AHRI) au gaz, pour une capacité de 586 KW. Ces deux chauffe-eau serviront principalement pour chauffer l’eau du niveau événements (parterre) et des sections de la mezzanine et de la coursive principale. Dans les sections de la coursive et des niveaux supérieurs cependant, on s’est aperçu qu’il était moins dispendieux d’installer des chauffe-eau électriques et on a mis des chauffe-eau individuels dans les loges. On a donc fait installé 16 chauffe-eau électriques, pour une capacité totale de 236 KW, trois surchauffeurs de 60 KW pour surfaceuses (180 KW de capacité totale) et nous avons une obligation minimale annuelle convenue avec Gaz Métropolitain afin assurer un chauffage au gaz naturel pour une quantité minimale de 480 000 m?. Cependant, ce nombre sera probablement réajusté lorsqu’on connaîtra notre consommation réelle», a renchéri Jean Rochette, précisant que l’utilisation du gaz naturel pour le chauffage de l’édifice demeure la source de consommation d’énergie la plus importante dans le projet de l’AMQ à la lumière du bilan d’une simulation de consommation énergétique effectué en octobre 2013. La consommation de gaz naturel sert aussi à l’apport d’air neuf pour l’oxygénation.

«Fait intéressant à noter : la boucle de chauffage est à basse température (49  ?C) et le projet inclut, en plus des 12 chaudières à condensation à haute efficacité, la récupération de l’énergie des refroidisseurs et de l’air évacué. C’est un bâtiment où l’énergie sera très bien utilisée. De plus, on a prévu une thermopompe entre chaque équipement d’eau refroidie et d’eau de chauffage afin d’obtenir un rendement maximal de l’énergie», a précisé M. Rochette.

Quant à l’eau chaude domestique, celle-ci sera utilisée, outre dans les différents chauffe-eau mentionnés précédemment, afin de préchauffer le réseau de glycol principal du bâtiment. Pour sa part, la déshumidification de l’enceinte de l’édifice constitue un élément tout aussi essentiel «pour assurer une qualité de glace du niveau de la LNH en période d’humidité, particulièrement lorsque le printemps arrive et en période estivale», a-t-il ajouté, en parlant d’une «technologie qui permet d’abaisser le point de rosée de l’air à des niveaux inférieurs à la réfrigération mécanique par compression». L’ingénieur a également fait mention de la présence de trois unités à feu direct alimentées au gaz naturel et d’une unité à basse température sous forme de serpentin au glycol servant à réutiliser l’énergie récupérée.

En vue de l’obtention de sa certification LEED Argent, l’amphithéâtre multifonctionnel de Québec doit amasser suffisamment de points LEED. Dans son bilan, le Centre Vidéotron a amassé 18 points dans le volet des aménagements écologiques des sites (en prévoyant notamment l’implantation de bornes de recharge pour véhicules électriques) sur le terrain de l’édifice, 7 points pour la gestion efficace de l’eau, 8 points dans le volet énergie et atmosphère, 4 points pour les matériaux et ressources, 8 points pour la qualité de l’environnement intérieur, 6 points pour l’innovation et la conception (en installant, entre autres, des systèmes de ventilation par déplacement sous les gradins, un système d’éclairage DEL à 100 % et un autre pour le refroidissement de la patinoire installé à même le panneau indicateur central), ainsi que 3 points pour l’accent sur les priorités régionales; le tout pour un total ciblé de 54 points.

La réalisation du projet de construction du Centre Vidéotron a été confiée à Groupe Pomerleau, qui s’est allié à 26 entreprises sous-traitantes pour mener à bien les différentes étapes de ce chantier. Parmi ces sous-traitants figure Revenco, chef de file québécois en électricité.

Au moment d’écrire ces lignes, L’industrie électrique n’avait pu joindre le président de Revenco, Alain Lemieux. Cependant, ce dernier a abondamment fait état du travail effectué par sa firme dans ce projet, dans un article paru dans les pages du numéro de novembre 2014 du magazine d’affaires Prestige basé à Québec.

«Nous sommes constamment à l’affût de méthodes de travail plus efficaces et rentables. Les nouvelles technologies — notamment le dessin 3D — nous ont permis d’innover à l’amphithéâtre de Québec, et cette expertise nous servira dans nos projets. De plus, ce chantier requiert non seulement la présence de 45 électriciens, mais aussi d’un chef de chantier, d’un contremaître, de quatre chefs d’équipe et d’un dessinateur, sans compter les employés concernés à l’interne. À elle seule, l’étape de l’estimation des travaux a nécessité environ 700 heures de travail», affirmait M. Lemieux dans une entrevue accordée à ce magazine.