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L’électricité pour dégrader des polluants qui échappent aux traitements des eaux


août 4, 2020
Par Lucie Côté
Professeur Patrick Drogui, chercheur et expert en électrotechnologies et traitements des eaux à l’INRS (Groupe CNW/Institut National de la recherche scientifique (INRS)) Professeur Patrick Drogui, chercheur et expert en électrotechnologies et traitements des eaux à l’INRS (Groupe CNW/Institut National de la recherche scientifique (INRS))

Une équipe de l’INRS teste l’efficacité d’un procédé d’électro-oxydation avancée. Pesticides, produits pharmaceutiques et perturbateurs endocriniens, ces contaminants émergents sont souvent détectés dans les eaux usées domestiques traitées, même après un traitement secondaire. L’équipe du professeur Patrick Drogui de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a testé l’efficacité d’élimination d’un traitement tertiaire basée sur l’électricité, en collaboration avec l’Institut européen des membranes à Montpellier et l’Université Paris-Est.

Le procédé d’électro-oxydation avancée (EOA) utilise deux électrodes pour dégrader les polluants non biodégradables, c’est-à-dire les contaminants subsistant à la suite d’un traitement biologique. En passant un courant électrique dans les électrodes, celles-ci génèrent des radicaux hydroxyde ([OH] dans la solution qui s’attaquent aux molécules réfractaires. L’avantage de cette méthode est qu’elle ne requiert pas l’ajout de produits chimiques dans les eaux.

« Les techniques d’EOA entrent dans la catégorie des procédés révolutionnaires dans le domaine du traitement des eaux. Il s’agit d’une technologie du futur pour l’épuration des eaux résiduaires contaminées par des polluants réfractaires, tels que les résidus médicamenteux », soutient le professeur Patrick Drogui, coauteur de l’étude publiée le 18 juin dans le prestigieux journal Science of the Total Environment.

Les chercheurs ont mis à l’épreuve de nouvelles électrodes catalytiques. « Nous avons démontré que ces électrodes sont efficaces et produisent une grande quantité de radicaux hydroxyde. Elles sont aussi moins coûteuses que les autres électrodes sur le marché actuellement, ce qui améliore l’accessibilité du traitement », rapporte Yassine Ouarda, étudiant au doctorat et premier auteur de la publication.

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« Ce travail vient encore une fois confirmer que les procédés d’électro-oxydation avancée sont de bons candidats pour la dégradation des résidus médicamenteux qui ont échappé au traitement biologique », conclut le chercheur Patrick Drogui.

SOURCE Institut National de la recherche scientifique (INRS)