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Les subventions aux véhicules électriques du Québec et de l’Ontario sont-elles «du gaspillage»?


juin 28, 2017
Par Anthony Capkun
Photo courtoisie d’IEDM.

28 juin 2017 – Alors que le Québec et l’Ontario cherchent à stimuler la vente de véhicules électriques, une nouvelle note économique de l’Institut économique de Montréal (IEDM) conclut que cette pratique est la façon la moins efficace et la plus coûteuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

«C’est tout simplement du gaspillage !» soutient Germain Belzile, chercheur associé senior à l’IEDM et coauteur de la publication. «Non seulement ces programmes coûtent une fortune aux contribuables, mais ils ont aussi peu d’effet sur les émissions de GES.»

Si le Québec réalisait son objectif d’avoir 1 million de véhicules électriques sur ses routes d’ici 2030 (il y en a actuellement moins de 6000, selon l’IEDM), ceux-ci ne permettront d’éviter que 3,6% des émissions québécoises au niveau actuel. Même chose en Ontario, ajoute l’IEDM; si elle visait proportionnellement la même cible, la province n’éliminerait que 2,4% de ses émissions actuelles.

Le Québec verse une subvention de 8 000 $ pour l’achat d’un nouveau véhicule électrique ou hybride rechargeable tandis que l’Ontario subventionne un montant allant jusqu’à 14 000 $. Ces subventions ont coûté aux contribuables 523 $ par tonne de GES non émise en Ontario et 288 $ la tonne au Québec.

En comparaison, le même objectif de réduction des GES coûte environ 18 $ par l’entremise de l’actuel marché du carbone, qui regroupe la Californie, le Québec et bientôt l’Ontario. Et il en coûtera entre 10 et 50 $ par tonne de GES évitée avec l’éventuelle taxe sur le carbone du gouvernement fédéral.

En subventionnant l’achat de voitures électriques, le gouvernement ontarien se trouve à débourser 29 fois le prix du marché du carbone pour chaque tonne de GES éliminée, et 52 fois celui de la future taxe fédérale lors de son entrée en vigueur l’an prochain. Pour le Québec, c’est environ de 16 à 29 fois ces prix.

«Les coûts réels sont probablement plus élevés encore, puisque la moitié des acheteurs de véhicules électriques en feraient l’achat même sans la subvention», explique Mark Milke, coauteur de la publication.

«Les gouvernements québécois et ontarien doivent se rendre à l’évidence. Les subventions à l’achat de véhicules électriques ont non seulement peu d’effet sur les émissions de GES mais coûtent aussi très cher aux contribuables. Le bon sens économique et même écologique plaide en faveur d’une réduction de ces subventions, voire même leur élimination», conclut Mark Milke.